B.AL. de travail

HISTORIQUE DU BERGER ALLEMAND 2 ème partie
L'élevage des chiens de travail
Courtoisie Edition : DE VECCHI

En Allemagne, il existe au sein du dressage sportif de nombreux passionnés qui élèvent leurs chiens uniquement en fonction des critères d'évaluation du caractère, sans se soucier des aspects esthético-morphologiques de leurs sujets. Ils entendent ainsi obtenir, à travers un travail patient d'élevage et de sélection, des animaux aux particularismes psychologiques très pointus, pour ne pas dire exacerbés, à savoir des chiens très attentifs, extrêmement réactifs et dotés d'un bon tempérament, les rendant capables de réagir positivement au stress imposé par un dressage très raffiné. Ces passionnés que l'on pourrait qualifier d'« éleveurs d'une race dans une race » ont commencé à s'exprimer de manière significative et en nombre à partir de la fin des années soixante-dix ; auparavant, les sujets intéressants provenaient uniquement des lignées utilisées normalement pour les sujets d'exposition.
La naissance d'un élevage « alternatif » a probablement eu lieu sous l'impulsion de deux facteurs. Le premier est certainement l'expansion rapide du Berger allemand sur le marché à partir de la fin des années cinquante, période où l'étranger exprimait une forte demande de chiens « titrés » en exposition, pour les utiliser comme des objets de prestige et non pour les faire concourir. Ce phénomène commercial a très probablement provoqué un relâchement de l'attention de nombreux éleveurs, qui ont négligé le caractère du chien pour se lancer dans la production d'animaux faciles à vendre plutôt que de sujets voués uniquement au monde sportif. En ce qui concerne cet intérêt déclinant pour les qualités de caractère du chien (de la part de certains éleveurs, certainement pas de la société spécialisée allemande), il est curieux de noter que jusqu'à la fin des années soixante on pouvait lire dans la publicité pour chiens de la revue de la SV la mention suivante Leistung : V-Zuchtbewertung, autrement dit X, Excellent au travail et en beauté ; or, après les années soixante-dix, cette mention ne concernait plus que très peu de sujets.
Le second facteur est l'augmentation sensible du nombre d'athlètes s'orientant vers les concours de dressage et par conséquent la grande difficulté à obtenir des résultats significatifs : il ne suffisait plus de posséder des chiens dotés d'un « bon caractère », encore fallait-il des animaux dotés de prédispositions comportementales assez particulières. Dans les élevages, on commençait alors à évaluer les chiens destinés au travail non seulement en observant instinctivement le comportement des jeunes sujets, mais en les testant aussi « sur le terrain », pour déterminer les techniques spécifiques de dressage qui seraient ensuite à appliquer à chacun d'eux.

L'évolution des lignées destinées au dressage

Sur la scène sportive des années soixante et du début des années soixante-dix, plusieurs sujets s'illustrèrent dans des expositions ; puisqu'ils étaient capables de transmettre à leurs descendants des traits de caractère positifs, on leur donna l'occasion d'apporter leur contribution aux lignées sélectionnées pour le dressage.

Les noms de ces différents sujets titrés aux expositions de l'époque apparaissent souvent dans les ascendances de chiens appelés Leistungzucht, autrement dit « élevés pour le travail » ; parmi les plus connus, les plus récurrents sont Frei v.d. Gugge, Nico v. Haus Beck, Mutz v.d. Pelztierfarm, Pascha v.d. Bayernwaldperle, mais également plusieurs chiens Busecker Schloss, issus de l'élevage d'Alfred Hahn, qui a fourni des sujets de haut rang dans les expositions comme dans le monde du dressage.          

 

Avec le recul, en observant l'évolution de ces lignées, il est impossible de ne pas citer Bernd v. Lierberg, troisième Auslese en 1967, année où son frère Bodo obtient le titre de Sieger. Ce sujet a largement assuré sa continuité à travers sa descendance, qu'il a souvent enrichie en effectuant des croisements avec des sujets issus d'élevage de l'ex-Allemagne de l'Est, ce qui était une pratique assez courante dans les années quatre-vingt. Parfois le nom de Pushkass v. Haus Himpel figurait dans les ascendances de ces élevages. Ce fils de Bernd était un sujet confirmé dans le monde sportif de l'Allemagne orientale.

 

 

 

 

 

 

 

 

Pirol v. Kirschental                                                                                                                                                                                            

 

 

 

 

 

 

Consanguinité
3 - 4 Hein vom Richterbach
4 - 5 Billo vom Oberviehland
4 - 5 Rosel vom Osnabrücker Land

Outre les chiens « de beauté » cités précédament, Jalk v. Fohlenbrunnen a également marqué considérablement les lignées de travail. Son fils, Pirol v. Kirschental, premier Excellent au championnat de 1968, est le père de Racker v. Itzal, que l'on pourrait définir aujourd'hui comme le plus grand « raceur » dans cette partie de l'élevage. Vainqueur au championnat allemand de dressage en 1981, il s'est imposé avec force dans les lignées mais aussi dans la légende, et ce malgré la présence d'un autre très grand reproducteur : Ignaz v. Oberscholvenerweg.

                              

 

 

Racker a surtout laissé un héritage important destiné à durer à travers son fils, Dax v. Kesmarker Tränke et son petit-fils, Harro v. Lechrainstadt ; avec le recul, on comprend aujourd'hui que ce personnage faisait partie d'un Olympe (également pour ses performances sportives), auquel peu de sujets vont ensuite accéder. Après Racker, il faudra attendre plusieurs années avant de voir d'autres mythes pointer à l'horizon des chiens de travail. Ce n'est qu'à la fin des années soixante-dix qu'arrive le phénomène Drigon v. Fuhrmannshof : ce sujet d'une intelligence sportive vraiment remarquable remporta le championnat européen à Borgomanero en 1978 et le championnat allemand deux ans plus tôt, que son dresseur Fritz Biehler avait déjà gagné précédemment avec son père Enno v. Antrefftal

 

  

 

Drigon a souvent été utilisé pour des saillies avec les filles de Racker et ce n'est d'ailleurs pas un hasard si son héritier le plus significatif, Uwe v. Kirschental, provenait d'une fille de ce grand raceur. Drigon a relancé profondément le monde des passionnés, en particulier grâce à des résultats sportifs significatifs, et quelques années plus tard il réussira à catalyser un autre champion allemand de travail, Drechsler v. Warnautal, originaire

branche femelle de l'élevage Busecker Schloss.

Drechsler v. Warnautal

 

 

 

 

 

 

Drechsler v. Warnautal

Consanguinité
5 - 5 Valet vom Busecker Schloß
4 - 5 Axel vom Walinesheim

Malheureusement, malgré ses ascendances généalogiques, Drechsler n'a pas laissé de grands héritiers derrière lui, bien moins encore que son père Greif z. Lahntal ; ce qu'il a laissé de mieux, ce sont peut-être les théories sophistiquées de son dresseur Helmut Raiser, grand théoricien du « dressage en agressivité » qui, déjà en 1979, avait remporté le championnat allemand de travail avec Vargo v. Seebachtal, petit-fils de Quanto v.d. Wienerau.
L'époque de Drigon et Drechsler eut un grand impact sur le monde des passionnés du dressage, pas seulement en raison de l'aura mythique qui s'était créée autour d'eux, mais aussi pour l'évolution culturelle qu'ils ont provoquée en l'espace de quelques années sur les thèmes liés au « travail » des chiens sportifs. Ainsi, la pression sélective sur l'élevage des chiens destinés aux épreuves a progressivement évolué, donnant la possibilité à différents reproducteurs d'entrer en scène ; le cadre des descendances s'élargissait alors peu à peu dans le souci de trouver des qualités souvent très spécifiques ; pour cela, il n'était pas rare d'avoir recours à des sujets de l'ex-Allemagne de l'Est et de l'ex-Tchécoslovaquie.

 

 

 

 

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